freins et leviers

ci dessus le compte rendu des échanges qui ont eu lieu lors de la journée de stage de liaison école collège inter-secteurs dans le Doubs le 12 octobre 2013 (lieu : collège Camus à Besançon).

Comment assurer, pour les élèves, la continuité de l’enseignement des langues vivantes entre l’école et le collège ?
Quelle prise en compte des acquis des élèves ?

Freins :

La formation des enseignants du premier degré, qui n’offre pas de mise à niveau des compétences linguistiques en langues vivantes, la polyvalence de l’enseignement, les priorités que sont les mathématiques et le français, ne facilitent pas la mise en œuvre de l’enseignement des langues vivantes au cours des cycles 2 et 3 et génèrent, à l’arrivée en 6ème, une hétérogénéité des parcours linguistiques des élèves.

Par ailleurs, le fait que la validation ou pas du niveau A1 n’influe pas le passage en 6ème est perçu comme un élément n’incitant ni les élèves ni les parents à appréhender la langue comme un véritable apprentissage. L’outil de validation qu’est le livret personnel de compétences et de connaissances n’est pas perçu comme un outil de suivi ; il est plutôt envisagé par les professeurs des écoles comme un document supplémentaire à compléter et non comme un support de progression des acquisitions au long des cycles 2 et 3. Les professeurs de 6ème ont quant à eux du mal à établir un diagnostic du niveau des élèves à leur arrivée en 6ème : ils doivent rechercher la fiche de la compétence 2 dans le dossier de chaque élève, cette fiche n’est pas renseignée en détails si le niveau A1 a été validé, et si des items restent à approfondir, il leur revient d’initier, à l’aide des dispositifs mis à leur disposition, l’aide nécessaire pour achever la validation du A1 tout en visant pour les élèves de leur classe le niveau A2.

Les professeurs des écoles mentionnent souvent l’aspect anxiogène que revêt pour les élèves l’apprentissage de l’anglais en 6ème, ou tout du moins la représentation qu’ils en ont. Cette crainte peut s’expliquer par plusieurs raisons : le passage à l’écrit, qui n’a été jusque là qu’une introduction à l’écrit qui propose davantage une re-production qu’une production, une mise en chaîne de mots pour donner du sens à une illustration, une situation, le développement des compétences orales étant une priorité des programmes de l’enseignement des langues du primaire. Cet aspect rejoint le deuxième point générant l’anxiété pour les élèves : les devoirs à faire à la maison. Ils n’ont jusque là consisté qu’à « savoir dire » ce qui avait été travaillé en cours d’anglais et vont prendre, à partir de la 6ème une dimension graphique qui s’ajoute aux devoirs et leçons des autres disciplines.

Leviers :

Les professeurs des écoles et les professeurs de collège sont soulagés de constater que la démarche de construction d’une séquence répond aux mêmes exigences tant au primaire qu’au second degré : démarche de projet, recherche de supports pour la mise en œuvre d’activités permettant aux élèves d’acquérir les outils linguistiques et méthodologiques dont ils auront besoin pour la production finale. Les nombreuses similitudes présentées de façon lisible dans les programmes et mises en œuvre sur le terrain sont les garants de la cohérence et de la pertinence du parcours linguistique des élèves :
– appui sur les références communes que sont les niveaux du CECRL et l’articulation des cinq activités langagières
– impact de l’aspect culturel de et par la langue
– pédagogie de projet
– apprentissage spiralaire qui prend en compte les acquis des élèves
– évaluation positive, qui met en valeur les acquis des élèves

Les difficultés que peuvent avoir certains professeurs des écoles pour proposer à leurs élèves un modèle linguistique le plus conforme aux attentes peuvent être compensées par les nombreuses méthodes qui offrent maintenant des documents authentiques avec des enregistrements de qualité, aux accents et origines variés, ainsi que des vidéos mettant en contexte réel des situations de communication.

De nombreuses suggestions émergent pour symboliser cette logique interne des apprentissages (garder les cahiers de CM2 en 6ème, construire des marque-pages sur les différentes thématiques travaillées au CM2 à mettre dans les livres de 6ème, etc.). Les projets élaborés par les binômes d’enseignant des écoles/enseignant de collèges sont ancrés dans cette démarche qui sera concrétisée par le biais des conseils école-collège, lieu institutionnel de cette liaison. L’objectif est qu’à long terme, les projets initiés trouvent écho auprès de tous les collègues concernés et deviennent un outil de mise en place d’une passerelle qui lisse pour les élèves le parcours linguistique de leur cursus scolaire.

 

Intervenants :

Sylvie MARLIN, conseillère pédagogique départementale langues vivantes Doubs (1er degré)
Anne OLIVAUX, chargée de mission langues vivantes Doubs (1er degré)
Graziella LISI, professeur certifié en anglais, collège Proudhon, Besançon
Odile MALAVAUX, IA-IPR anglais